Le Moulin de la Porte, toute une histoire …

28 Juin 2026 | Fondateur | 0 commentaire

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Où se cache-t-il ?

Le Moulin à eau de la Porte se situe dans la commune de Naussannes en Périgord pourpre (Dordogne) .

Blotti au creux d'une petite vallée, il est alimenté par le ruisseau appelé "Le ruisseau de Naussannes" dont le nom était en fait totalement différent sous l'ancien régime. En effet, nous trouvons  l'appellation "Le Braquemart" (parfois avec un "d" à la place du "t", dans les anciens documents tels que le cadastre Napoléonien de 1826 (plan cadastral  de Luziers) ou l'étude du chanoine Bruguière (vers 1890).

Nota : afin d'éviter toute "interprétation équivoque" 😉... il me semble nécessaire de rappeler que le mot "Braquemart(d)"  a pour origine le nom d'une épée courte et large (XIIIe-XVe s.). (en savoir + ).

Ses Origines ?

Il n'existe aucun document mentionnant exactement la date de construction du moulin (pas d'étude d'impact, pas de permis de construire wink ). Néanmoins, d'après certains indices,  on peut affirmer, sans trop de risque, qu'il date du 13ème siècle :

1 - La cheminée,  en pierres de carrière, possédait une clé de voute sur laquelle se trouvait un blason taillé dans la pierre. Sur ce blason  était gravée l'année 1229 entourée de deux rameaux (2 épis de froment ?).
Vandalisée et volée dans les années 1970, cette clé de voute a été retaillé et le blason refait à l’identique (ou presque) lors de sa restauration en s'appuyant sur la mémoire de Roger BRU, mon père.

2 - La technique de mouture reposant sur un rouet horizontal en bois en prise directe sur la meule tournante et alimenté par l'eau arrivant via une trompe en bois,  correspond aux techniques utilisées à la période située par les historiens aux XIe, XIIe, XIIIe siècle. A cette époque, les bâtisseurs travaillant  pour les abbayes et les seigneurs locaux, maîtrisaient parfaitement toutes ces techniques à rouet horizontal. C'est à cette période que  ce type de moulin à eau a été le plus mis en service.

⚠️ Article à venir sur les moulins, leurs techniques.

Ses Origines ?

Il n'existe aucun document mentionnant exactement la date de construction du moulin (pas d'étude d'impact, pas de permis de construire wink ). Néanmoins, d'après certains indices,  on peut affirmer, sans trop de risque, qu'il date du 13ème siècle :

1 - La cheminée,  en pierres de carrière, possédait une clé de voute sur laquelle se trouvait un blason taillé dans la pierre. Sur ce blason  était gravée l'année 1229 entourée de deux rameaux (2 épis de froment ?).
Vandalisée et volée dans les années 1970, cette clé de voute a été retaillé et le blason refait à l’identique (ou presque) lors de sa restauration en s'appuyant sur la mémoire de Roger BRU, mon père.

2 - La technique de mouture reposant sur un rouet horizontal en bois en prise directe sur la meule tournante et alimenté par l'eau arrivant via une trompe en bois,  correspond aux techniques utilisées à la période située par les historiens aux XIe, XIIe, XIIIe siècle. A cette époque, les bâtisseurs travaillant  pour les abbayes et les seigneurs locaux, maîtrisaient parfaitement toutes ces techniques à rouet horizontal. C'est à cette période que  ce type de moulin à eau a été le plus mis en service.

⚠️ Article à venir sur les moulins, leurs techniques.

Sa présence attestée par les documents d'époque

 

Les documents retrouvés les plus anciens concernant le moulin de la Porte datent de 1581.

A noter que certains de ces documents sont autant de  preuves permettant d'établir, pour le moulin de la Porte, son "droit d'eau fondé en titre", droit toujours reconnu et en vigueur (voir ci-dessous)

Droit d'eau : un  peu d'histoire (et de politique ...)

Les droits d'eau (ou droits sur l'eau) étaient, sous l'ancien régime,  des privilèges seigneuriaux qui donnaient aux nobles et au clergé le contrôle sur :

  • les moulins (droit de banalité : les paysans étaient obligés d'utiliser le moulin du seigneur contre paiement)
  • la pêche dans les rivières et étangs
  • l'irrigation et l'usage des cours d'eau traversant leurs terres
  • les droits de navigation sur certains fleuves

Ces droits constituaient une source de revenus importante pour la noblesse et pesaient lourdement sur les communautés des villages.. 
A la révolution française, nuit du 7 Août 1789,  sous la pression des jacqueries qui embrasaient les campagnes, l'Assemblée nationale constituante vote l'abolition des privilèges féodaux et donc tous les droits cités ci-dessus.

Passé cet enthousiasme général, certains mécontentements apparaissent dont celui des éventuels acquéreurs des moulins (moulins comme beaucoup de biens mis aux enchères en tant que biens nationaux (clergé) et biens des nobles émigrés : de fait, les moulins avaient perdu leur droit d'eau ...

Devant ce mécontentement, des décrets ultérieurs successifs viennent rattraper le coup :

  • Mars 1790 : distinction entre droits "personnels" (abolis sans indemnité, car jugés contraires à la dignité humaine) et droits "réels" attachés à la terre (rachetables contre indemnité) — ce qui créa des tensions car les paysans refusaient souvent de payer.
  • Août 1792 et juillet 1793 : sous la pression populaire et la radicalisation révolutionnaire, l'Assemblée finit par abolir sans indemnité la quasi-totalité des droits féodaux restants, y compris les droits sur l'eau qui seront reconnus comme attachés au moulin et non au propriétaire.

Les documents : 

Les terriers O.S.J. de Naussannes de 1501 & 1656

Un document , mentionné dans la documentation Le Vicomte de Gourgues (Société historique et archéologique du Périgord), cite le moulin de la Porte à propos du terrier de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem (O.S.J.) datant de 1656

(⚠️Ce terrier de 1656 est en cours d'étude ainsi que celui de 1501 ...  en "latino/patois" indéchiffrable ou presque pour l'instant ...)

Le terrier O.S.J. de Naussannes en 1700

Le moulin fait parti des biens de la féodalité de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem (O.S.J.) comme le montre le terrier de Naussannes établi en 1700. Le propriétaire du moulin est alors Charles de Bessou, écuyer, seigneur de Capy. Il est aussi propriétaire du domaine de St Antoine (dénomination actuelle), la borie du bourg, la Bouyssonade, Capy.

⚠️Un prochain article à venir sur les familles propriétaires du moulin (De Vivan(s), De Bessou, De Beraud, de Cours (Decours)/de Vassal, Reny, D'avoust, Juglas, Delbourg)

Nota : en mesures de superficie de Beaumont sur lesquelles sont basés les terriers de Naussannes, 1 pugnére (ou pugnerée) = 72 escats, 1 escat =13,5*13,5 pieds (du roi). Convertis en mesures actuelles, 1 escat = 19,23m2, 1 pugnerée = 13,85 ares. 

Le terrier O.S.J. de Naussannes en 1754

Au terrier de 1754, le propriétaire est Jean de Beraud, seigneur de Canteranne (Cavarq) et de Capy. . Certainement obtenu, dans la corbeille de mariée de Jeanne de Bessou (né à Naussannes le 3 Janvier 1696, voir acte), fille de Jean de Bessou et Marie de la Brousse, avec qui il s'est marié, à Naussannes, le 13 Février 1715, voir acte.

⚠️ Un article à venir traitera de  l'Ordre de Saint Jean de Jérusalemn (O.S.J) et des différents terriers concernant les moulins de Naussannes.

Naissance de Jeanne de Bessou  à Naussannes le 3 Janvier 1696. Fille de Charles de Bessou, Ecuyer, seigneur de Capy,  et de Marie de la Brousse. Parrain est Jean de Bessou, seigneur de la Coste, frère de Charles, .

Mariage de Jeanne de Bessou et Jean de Beraud, Seigneur de Canteranne,  à Naussannes le 13 Février 1715

les cartes de Cassini

Le moulin est répertorié sur les cartes de Cassini (1750 - 1789)

Pour en savoir + sur les cartes de Cassini ...

 Accès aux cartes de Cassini

La carte de Belleyme

Il apparait également sur la carte de Belleyme (carte de la généralité de Guyenne, dressée entre les années 1763 et 1785, sous la responsabilité de l’ingénieur géographe Pierre de Belleyme). On y voit également le Moulin à vent (M.n de Naussanes)
qui appartenait au même propriétaire.

Les cadastres napoléoniens

Les cartes cadastrales napoléoniennes de 1826 montrent l’implantation du moulin. On y voit le canal d’amenée, le bief ainsi qu’un autre bâtiment à l’arrière du moulin : il s’agit des écuries dont il ne subsiste actuellement que les fondations.

On remarque que la route D25 (Naussannes <> Beaumont) n’existe pas : normal, elle a été construite plus tard. Le chemin Issigeac <> Beaumont était le chemin de randonnée actuel qui passe au pied du moulin.

⚠️ Un article à venir sur les chemins qui mènent (tous ou presque ...)  au moulin à l'époque des meuniers.

L’étude du Chanoine Bruguière

Dans l’étude du Chanoine Bruguière sur Naussannes (fin XIXé Siècle), sont mentionnés, sur une carte,  les  moulins de la paroisse de Naussannes (icone ✲) soit : 
- le moulin de La Porte,
- le moulin à vent (Moulin de Naussannes), 
- le moulin de george (✲ sur le Couzeau en limite de Monsac),
- le moulin de Peyrichou (✲ sur au dessus de Luzier). 


⚠️ Article à venir sur les meules et meulières ayant alimenté le moulin en meules.

L'acte de décès de Adriane LAPORTE en 1681

Le premier acte retrouvé aux archives communales de Naussannes, concernant un meunier du moulin, date de 1681. Il s'agit du décès de  Adriane LAPORTE, femme de Jacques AYNARD. On y apprend qu'il est meunier du moulin de Madame la comtesse du « VIVANS » à Naussannes.
Adriane décède en Mai 1681, son fils Pierre, 21 mois, en Octobre de la même année.
Le Plus connu des De Vivans (parfois écrit De Vivan) est Geoffroy de Vivans (1543-1592), chambellan du roi de Navarre (Henri IV), mestre de sa cavalerie Légère, gouverneur du Périgord et du limousin.
Sa fille Catherine se marie en 1561 avec Jean de Bessou, seigneur de Mondiol à Doissac. On retrouve un de Bessou propriétaire du moulin en 1700.

⚠️ Nous  verrons la généalogie des meuniers du moulin de la porte dans un prochain article ainsi que les relations entre meuniers locaux (idée de caste)

Le recensement des moulins en 1809

Trois enquêtes statistiques sur les moulins à farine sont ordonnées par l’État en l'an II (1794), l'an X (1801) et 1809. Les maires des communes (donc celui de Naussannes) doivent indiquer pour chaque moulin, le nombre de meules, les céréales qui y sont moulues, etc.

Les terriers O.S.J. de Naussannes de 1501 & 1656

Un document , mentionné dans la documentation Le Vicomte de Gourgues (Société historique et archéologique du Périgord), cite le moulin de la Porte à propos du terrier de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem (O.S.J.) datant de 1656

(⚠️Ce terrier de 1656 est en cours d'étude ainsi que celui de 1501 ...  en "latino/patois" indéchiffrable ou presque pour l'instant ...)

Le terrier O.S.J. de Naussannes en 1700

Le moulin fait parti des biens de la féodalité de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem (O.S.J.) comme le montre le terrier de Naussannes établi en 1700. Le propriétaire du moulin est alors Charles de Bessou, écuyer, seigneur de Capy. Il est aussi propriétaire du domaine de St Antoine (dénomination actuelle), la borie du bourg, la Bouyssonade, Capy.

⚠️Un prochain article à venir sur les familles propriétaires du moulin (De Vivan(s), De Bessou, De Beraud, de Cours (Decours)/de Vassal, Reny, D'avoust, Juglas, Delbourg)

Nota : en mesures de superficie de Beaumont sur lesquelles sont basés les terriers de Naussannes, 1 pugnére (ou pugnerée) = 72 escats, 1 escat =13,5*13,5 pieds (du roi). Convertis en mesures actuelles, 1 escat = 19,23m2, 1 pugnerée = 13,85 ares. 

Le terrier O.S.J. de Naussannes en 1754

Au terrier de 1754, le propriétaire est Jean de Beraud, seigneur de Canteranne (Cavarq) . Certainement obtenu, dans la corbeille de mariée de Jeanne de Bessou, fille de Jean de Bessou et Marie de la Brousse, avec qui il s'est marié, à Naussannes, le 13 Février 1715.

⚠️ Un article à venir traitera de  l'Ordre de Saint Jean de Jérusalemn (O.S.J) et des différents terriers concernant les moulins de Naussannes.

les cartes de Cassini

Le moulin est répertorié sur les cartes de Cassini (1750 - 1789)

Pour en savoir + sur les cartes de Cassini ...

 Accès aux cartes de Cassini

La carte de Belleyme

Il apparait également sur la carte de Belleyme (carte de la généralité de Guyenne, dressée entre les années 1763 et 1785, sous la responsabilité de l’ingénieur géographe Pierre de Belleyme). On y voit également le Moulin à vent (M.n de Naussanes)
qui appartenait au même propriétaire.

Les cadastres napoléoniens

Les cartes cadastrales napoléoniennes de 1826 montrent l’implantation du moulin. On y voit le canal d’amenée, le bief ainsi qu’un autre bâtiment à l’arrière du moulin : il s’agit des écuries dont il ne subsiste actuellement que les fondations.

On remarque que la route D25 (Naussannes <> Beaumont) n’existe pas : normal, elle a été construite plus tard. Le chemin Issigeac <> Beaumont était le chemin de randonnée actuel qui passe au pied du moulin.

⚠️ Un article à venir sur les chemins qui mènent (tous ou presque ...)  au moulin à l'époque des meuniers.

L’étude du Chanoine Bruguière

Dans l’étude du Chanoine Bruguière sur Naussannes (fin XIXé Siècle), sont mentionnés le moulin de La Porte, le moulin à vent ainsi que le commerce de pierres meulières. 
Nota : on remarquera également sur cette carte le nom du cours d’eau, à l'époque : "Le Braquemart ".

⚠️ Article à venir sur les meules et meulières ayant alimenté le moulin en meules.

L’étude du Chanoine Bruguière

Dans l’étude du Chanoine Bruguière sur Naussannes (fin XIXé Siècle), sont mentionnés le moulin de La Porte, le moulin à vent ainsi que le commerce de pierres meulières. 
Nota : on remarquera également sur cette carte le nom du cours d’eau, à l'époque : "Le Braquemart ".

⚠️ Article à venir sur les meules et meulières ayant alimenté le moulin en meules.

Le recensement des moulins en 1809

Trois enquêtes statistiques sur les moulins à farine sont ordonnées par l’État en l'an II (1794), l'an X (1801) et 1809. Les maires des communes (donc celui de Naussannes) doivent indiquer pour chaque moulin, le nombre de meules, les céréales qui y sont moulues, etc.

Nota : le "terrier" est un acte passé devant notaire royal dans lequel une personne (tenancier) reconnaît (« avoue ») bénéficier d’un usage en servitude d'un bien (tènement ou tenure), faisant parti du fief d’un seigneur.
Le terrier décrit précisement la nature du bien (maison, terre, commerce, droits divers), sa situation, la redevance (cens) à payer annuellement, la redevance (lods) à payer au seigneur lors d'une mutation (vente, succession).

Ces terriers, au service de la féodalité, étaient de plus en plus contestés vers la fin de l'ancien régime : les paysans, les bourgeois, les artisans ne supportent plus (et on les comprend ...) cet asservissement à la noblesse et au clergé. C'est une raison principale du saccage des châteaux, le peuple cherchant à détruire ces actes. Sous la pression populaire, la Convention ordonna par la loi de Juillet 1793 de brûler officiellement tous ces titres féodaux.

Pour l'historien, les terriers sont en fait une mine de renseignements pour l'étude d'un territoire : nom des tenanciers habitants, tenanciers externes, profession (noble, clergé, bourgeois, laboureur, artisan, etc.), situation et valeur des biens (en fait les premiers cadastres).
"Chance" pour les terriers de Naussannes, L'Ordre de Saint de Jérusalem étant très bien organisé, les terriers furent mis à l'abri et j'ai pu les retrouver aux archives de l'Ordre à Toulouse.
(voir articles à venir détaillant les terriers de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem et la justice vis à vis des meuniers)

La fin d'une histoire...

L'histoire du moulin est bien entendu fortement liée à celle de ses meuniers (Voir "Les familles de meuniers du Moulin de la Porte et autres moulins") et de ses propriétaires (article à venir).

Brièvement, et comme  vu dans les documents précédents, le moulin est, sous l'ancien régime,  successivement propriété de nobles locaux (De Vivan, De Bessou, De Béraud) et constamment sous féodalité de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem.

A la révolution, bien entendu, tout change. Les droits féodaux sont abolis. De Beraud, seigneur de Canteranne,  noble possédant  au moment de la révolution, est reconnu comme noble émigré ainsi que son beau-frère De Cours. (Liste émigrés De Beraud Charles et son beau-Frère De Cours François)
Leurs biens ont-ils été saisi comme la majorité des émigrés et vendu aux enchères ? récupérés à leur retour d'émigration ?

Mes recherches n'ont pour l'instant pas complètement abouti sur ce point : nous sommes là à une période un peu "chamboulé" avec des changements administratifs pour les lieux concernés : En 1790, Naussannes passe du canton de Beaumont, dépendant de Belvés, au canton d'Issigeac, district de Bergerac, puis revient en 1801 au canton de Beaumont... Cavarq, commune où réside De Beraud passe lui du département de la Dordogne au département du Lot & Garonne, district de Lauzun ... Tous ces remues-ménages ne facilitent  pas les recherches ... 

Les Juglas sont propriétaires du moulin en 1851 (divers documents notariés en attestent : article à venir sur le patrimoine Juglas et leur implication sociale locale ). On peut donc en déduire qu'ils en sont devenus propriétaires à la première moitié du 19ème siècle.

Ils  sont fortement endettés dans la seconde moitié du 19ème siècle. On le découvre ci-après.

les créanciers du moulin : Louis de Cours, Antoine Reny, général d'Avoust

Il est  question d'une hypothèque concernant le moulin, hypothèque, dite N° 1, du 15 Mars 1884 détenue par  Antoine Reny.
Antoine Reny est un important agriculteur  originaire de  Falgueyrac qui  a acheté les ex-domaines de Charles De Beraud d'avant révolution, soit domaine actuel St Antoine, métairie du bourg, la Bouyssonade,  à Louis  Decours  vers 1868.
Louis Decours est fils de Louis François Antoine Decours (1782-1834) et Marguerite de Vassal (1792-1868 à Naussannes)
Louis François Antoine Decours est neveu de Marie-Marthe Camille de Béraud, soeur de Charles De Beraud.

(Pour la petite histoire, article de La Dépêche du 30/8/1878 : M. Reny, maire de Naussannes est suspendu de ses fonction par le préfet de Dordogne suite à sa condamnation en police correctionnelle pour diffamation et outrage envers un conseiller municipal). Chaud, chaud  à Naussannes ...

L'hypothèque est renouvelé  le 23 Octobre 1893 : elle est alors détenue par le général D'AVOUST qui vient de racheter le domaine St Antoine à A. Reny.

Cette hypothèque est constituée d'un capital de 2800 FRANCS et d'une rente perpétuelle dont la redevance annuelle est de de 140 Francs + 2 paires de chapon + 8 charrois vers Castillonnes +  8 charrois vers Beaumont.

Une autre créance (hypothèque du 17 Janvier 1885) se rajoute lors de la donation-partage effectuée le 26 Décembre 1884 par Marie REY, meunière au moulin de la porte (son mari, Jean Joseph Toussaint JUGLAS est décédé en 1884) . En quelques mots, elle partage ses biens en deux parts égales : son fils, Gabriel JUGLAS, se voit octroyé l'ensemble des biens, ainsi que la créance n° 1,  avec obligation de prendre soin  de sa mère jusqu'au décès de celle-ci. En contre-partie, il doit verser une soulte de 3 050 Francs à sa sœur, Jeanne JUGLAS, veuve de Pierre MAGAL, soulte qui constitue donc le montant de cette deuxième créance. Jeanne décéde le 1/11/1885. Elle a deux fils, Gabriel et Gabriel Magal...

Malgré ces créances, tout aurait dû et/ou pu bien se passer si la conjoncture du moment avait permis à Gabriel Juglas, alors meunier en ce moulin, de vivre de son métier et rembourser les dettes familiales.

Mais ... la période coïncide avec l'arrivée des minoteries,  moulins plus industrialisés, mus par eau mais aussi par moteur à vapeur et/ou électrique en période d'étiage, équipés des dernières techniques de mouture.  Par ailleurs, les nouveaux moyens de transport des céréales et de la farine permettent des transport sur plus longue distance, ce qui agrandit le champ des possibles en collecte des grains et diffusion des farines. Enfin, les habitants des villages et des villes ne font plus eux-mêmes leur pain mais se ravitaillent dans les boulangeries du village.
Bref ... Ces minoteries prennent  la place de tous les petits moulins en quelques décennies.
De très nombreux meuniers font alors faillite.

Le Moulin de la Porte et ses meuniers n'y échappent pas ; La dernière mouture a lieu dans les années 1894/1896, comme indiqué ci-dessous.
Concernant l'autre moulin de Naussannes : Moulin de George (ou Georgi) situé sur le Couzeau à Leydou, il  arrête  toute activité dans les années 1810/1820.

Les années noires se succèdent ...
- Mars 1851 : Jean Juglas, 58 ans, meunier du moulin, époux Marie roucheyrolle, décède.
- Mai 1851 : Jean Juglas, leur fils ainé, 37 ans, époux Elisabeth Barou, décède. Ils sont meuniers au moulin du Jarry, à Luziers. Ils ont eu 5 enfants dont Jean justin qui naît en Juin 1951. 2 sont décédés (1849, 1850). Elisabeth et ses 3 enfants reviennent habiter au moulin de la Porte.
- 1851 : le moulin est sans meunier ... le fils second, Jean Joseph Toussaint Armand Juglas, époux Marie Rey, meuniers  à Monmarvés reviennent meunier-e-s au moulin de la Porte.
- Août 1853 : Elisabeth Barou décède au Pic.
- Septembre 1854 : Jean Justin (3 ans) décède au moulin.
- Août 1865 : Gabriel Jean, fils ainé de Jean Joseph Juglas et Marie Rey, 21 ans, décède au moulin de la Porte.
- Novembre 1884 : - Jean Joseph toussaint Juglas, époux Marie Rey, décède, 69 ans,  en 1884, au moulin. Ils ont alors 2 enfants : Jeanne et Gabriel.
- Novembre 1885 : Jeanne Juglas, épouse Pierre Magal, fille de Jean Joseph et Marie, 39 ans, décède.
Pierre Magal est dcd, 39 ans, en 1883. Ils ont deux fils : Gabriel Magal et Gabriel Magal  (eh oui, les deux frères ont le même prénom ...). Nota : La famille Magal habite le hameau de Pradal - Beaumont du Périgord
- Août 1893 : Marie Rey, 75 ans, décède  le 22/08 au moulin.
- Août 1893 : Gabriel Magal, (un des 2 fils de Jeanne)
instituteur adjoint  à Beaumont, 26 ans, décède le 25/8, soit 3 jours après sa grand-mère, également au moulin. Quel drame éventuel s'est-il passé pour deux décès à 3 jours d'intervalle,  ?

Reste donc 2 héritiers de Marie Rey: son fils, Gabriel Juglas, et son petit fils Gabriel Magal.

Petit fils qui demande la saisie du moulin (voir les détails ci-dessous)

Nota 1 : Gabriel Magal, 23 ans, épouse Elisabeth Merle, 18 ans, de Naussannes, en 1896. Il décède, 27 ans, en 1900.
Nota 2 : on peut apercevoir la pierre tombale de Marie Rey et Jean Joseph toussaint Juglas à droite du portail d'entrée du cimetière de Naussannes, côté extérieur. Pourquoi est-elle là ? 

La saisie, les enchères, l'accord G. Magal<> d'Avoust

L'adjudication a lieu le 30 Mai 1894 au tribunal civil de Bergerac.

Elle est remportée par ce même Gabriel MAGAL pour un montant de 5 110 Francs.

De façon à solutionner au mieux le remboursement des créances, le Général Léopold D’AVOUT, alors créancier (voir ci-dessus les créanciers)  et Gabriel MAGAL concluent un accord amiable le 31 Décembre 1894 (Voir acte ici) selon les modalités suivantes :
- Le capital disponible permettant de rembourser les créanciers est accepté par les deux partis pour la somme de  4 558,12 Francs (somme qui correspond au prix final d'adjudication - frais d'adjudication + intérêts).
- La créance de D'AVOUST est estimée d'un commun accord à 4 500 Francs ( Capital lui restant dû + compensations des diverses rentes). Elle est  prise sur le capital disponible de 4 558,12 Francs.
- Le reste de 58,12 Francs est déductible de ce que Gabriel JUGLAS doit à Gabriel MAGAL (créance N° 2).
- D'AVOUST consent les facilités suivantes de remboursement à Gabriel MAGAL, adjudicateur :
- 1 500 Francs payable d'ici le 1er Janvier 1896.
- 3 000 Francs payables d'ici le 1er Janvier 1905.
- Intérêts de 5 % l'an.

Gabriel MAGAL accepte d'annuler la créance n°2 (voir ci-dessus les créanciers), au bénéfice de son oncle, reconnu insolvable.

Derniers tours de meules, dernière mouture ...

Gabriel MAGAL, certainement pour rembourser D'AVOUST,  revend le tout, par acte notarié du 18 Janvier 1896,  (Voir :  acte 1/3  acte2/3  acte 3/3) à Armand René DELBOURG, pour la somme de 4600 Francs.

Gabriel et Anne JUGLAS, derniers meuniers au moulin de la Porte, et leurs trois enfants (Pierre, Gabriel, Isabelle) partent habiter à Bergerac. On les y retrouve, rue Georges, avec la profession de restaurateur

Le moulin fait donc maintenant parti du patrimoine de la famille Delbourg : Marcel Isidore DELBOURG, fils d'Armand, en hérite en 1915.

Le moulin est alors inhabité et,  certainement, afin de ne pas payer d’impôts sur le bâti, Marcel DELBOURG vend en « pièces détachées »  les divers bâtiments (étables, écurie, piles, toit du moulin, pierres du bief) qui devient officiellement et effectivement une ruine.

Fin du moulin ou suite de l'histoire ?
Rdv à l'article Le moulin avant, après