Les moulins
Jean-Jacques BRU
A partir du Néolithique, soit à partir de 5000 avant J.C, l'Homme devient progressivement pasteur, agriculteur et se sédentarise.
Il cultive les céréales et rapidement essai de transformer les graines récoltées, difficile à digérer, en farine qui devient alors la nourriture de base (galettes, bouillies). Il met au point différentes techniques pour obtenir cette farine, techniques qui ne cesseront d'évoluer jusqu'à nos jours :
On trouve sur internet et en littérature moultes articles traitant de ce sujet. Aussi, l'article est-il volontairement succinct et se veut plutôt introductif à l'article plus détaillé concernant spécifiquement le moulin de la Moulin de la Porte . Vous trouverez en fin d'article les documentations qui m'ont inspirés...
Meule plate à grains, dite à va-et-vient.
Dès la préhistoire, les céréales sont broyées sur une pierre plane, sur laquelle on écrase le grain à l’aide d’un galet par un mouvement de va-et-vient.
Meule et broyeur du Néolithique. Orgnac (Ardèche).
On utilise ensuite le pilon et le mortier, c’est la technique des égyptiens.
Moulin portable à Mons (Var).
Puis le moulin « à bras », formé de deux meules de pierre superposées, le grain étant introduit par le centre évidé de la meule supérieure.
Un moulin à eau, ou moulin hydraulique, est une installation destinée à utiliser l'énergie mécanique produite par le courant d'un cours d'eau.
Ce sont les romains qui découvrent le moulin à eau, en Asie Mineure, au Ier siècle avant J.C. Ils l’introduisent en Italie pour remplacer progressivement les « moulins à sang » par ce type de moulin. Il subsiste à Barbegal, prés d'Arles, les vestiges d'une usine hydraulique romaine du IIe siècle qui groupait cinq couples de meules en cascade (la même eau en descendant la colline alimente ces cinq couples de meules).
A partir du IXème Siècle, on en installe dés que le réseau hydraulique le permet. Les moulin se multiplient fortement du X au XIIème siècle du fait de l'extinction de l'esclavage et de l'essor du féodalisme, les seigneurs et ordres religieux réguliers y trouvant une source de revenue importante (Voir article fdmf) . L'utilisation de cet énergie hydraulique permet une productivité sans comparaison avec le travail manuel d’un esclave ou d’un animal. (environ 40 fois plus).
L'arbre à cames qui transforme le mouvement circulaire en un mouvement alternatif permet, à partir du XII ème siècle, d'utiliser également le moulin à eau dans l'industrie textile (foulage du textile) et dans la métallurgie (broyage du minerai, martelage, fabrication du papier).
Les moulins à eau équipés de roue horizontale
L'eau courante de la rivière anime des pales fixées sur un axe : cette force giratoire horizontale actionne alors directement une meule mobile dite tournante, reposant sur une meule fixe dite dormante.
Techniquement, c'est assez simple : en effet, ce type de moulin ne comporte aucun engrenage ni renvoi d'angle puisque la roue horizontale est calé directement sur l'axe de la meule aussi horizontale, et la vitesse de rotation de la roue est suffisante pour que la meule écrase les céréales, sans qu'il y ait besoin de multiplication.
Par contre, la construction du bâtiment abritant un tel moulin est complexe car il enjambe le passage de l'eau.
La roue tourne entre 50 et 100 tours minute pour une puissance de 3 à 5CV. Le rendement est faible, environ 25%. Ce qui explique que, sur ce type de moulin comme celui de Moulin de la Porte, pour moudre 100 kg de grain, sous une chute d'eau d'environ 4 mètres, il faut environ 600 mètres cubes d’eau.
On rencontre la majorité de ces moulins au sud de la France, en pays d'oc.
On rencontre plusieurs types de moulins à roue horizontale, successivement en fonction des époques, comme on peut le voir sur les images ci-contre.
Moulins à trompe, les premiers, (aux XI, XII, XIIIème siècle) :
La roue porte des pièces de bois taillées de façon à présenter à l'eau une surface à la fois oblique et concave, appelées cuillers. L'eau est amenée par une sorte de tuyau en bois dit trompe.
Le Moulin de la Porte repose sur cette technique. (Lien à faire)
Moulins à cuve, par la suite :
La roue est installée dans un bassin circulaire (en pierre, bois). L'eau s'y déverse à hauteur de la face supérieure de la roue à pales obliques, créant un tourbillon qui l'entraîne dans un mouvement giratoire. Cette technique arrive en début du 18é siècle. C’est le système précurseur des turbines.
Les moulins à eau à roue verticale
Moulin à roue verticale
Le principe de la roue verticale est plus complexe : par le jeu des engrenages, la force giratoire verticale (la roue) est transformée en force giration horizontale (la meule tournante).
Moulin à roue verticale par en dessous
L’eau actionne la roue en passant par dessous.. Elle est « suspendue » au-dessus de l’eau de façon à ne plonger que ses pales inférieures.
La roue tourne entre 10 et 15 tours minute pour une puissance de 5 à 10CV.
Les moulins à vent ...
Les moulins à vent sont installés à partir du XIIIe siècle un peu partout en France. Ils sont utilisés soit comme moulin principal, soit comme moulin d'appoint à un moulin à eau.
Dans les moulins à vent, la force vertical des ailes est transformée, par un jeu d’engrenage, en force horizontale actionnant la meule tournante. Le moulin à vent présente deux inconvénients : son pouvoir d'écrasement est plus faible (une seule paire de meules) et le vent est capricieux (trop fort, trop faible, absent).
Le moulin de la Porte dispose ainsi d'un moulin à vent d'appoint, soit pour pallier au manque d'eau en période d'étiage, soit pour venir en complément en période de forte demande ou en période de nettoyage/maintenance du moulin à eau.
De plus en plus de moulins
Jusqu'à la fin du XVIIIème siècle le nombre et la puissance des moulins s’agrandissent considérablement : (Lien à faire article recensement)
Ainsi, lors du recensement de 1809, on recense 98 157 moulins en France :
- 82 300 moulins à eau dont 33756 à roue horizontale et 48544 à roue verticale
- 15 857 moulins à vent
La population de la France étant alors estimée à 29 millions d’habitants, cela représente, environ, un moulin pour 300 habitants.
En Périgord, on recense alors 2710 moulins, soit en moyenne un moulin pour 160 habitants.
La paroisse de Naussannes en 1790, compte 111 feux (maisons ou foyers) avec un total de 649 habitants : nous avons donc une moyenne de 216 habitants répartis sur 3 moulins.
puis le déclin
A partir du XIXème siècle, (arrivée des minoteries), s'amorce un très fort déclin de tous ces petits moulins à eau et à vent, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous.











