Les poids et mesures sous l’ancien régime

Les poids et mesures sous l’ancien régime

Et avant notre système métrique actuel, c'était comment ?

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23 Oct, 2025

A propos des anciennes mesures

Nous utilisons tous les jours les mesures métriques inventés lors de la révolution.  Sous l'ancien régime, nous sommes loin de tout cela. On a du mal à s'imaginer, aujourd'hui, la diversité d'unités alors utilisées. Chaque juridiction, chaque ville, chaque seigneur a son propre système de mesures et même parfois plusieurs. Quelle pagaille pour fixer des équivalences entre juridiction, entre villes, entre paroisses.  De plus, le seigneur local peut avoir lui-même son propre système (mesures grenier ) lorsqu’il récolte le paiement en nature des paysans qui lui sont redevables du cens. Et ne parlons pas de la façon de remplir la mesure ; à ras bord, après tassement, bombé …
Ainsi, dans la "descrition Topographique de la France " publiée sous le premier empire, on trouve en Dordogne, 14 espèces de Journal (1700 M2 à 5200 m2), 5 Sortes de Pugnerées, parfois nommés Poignererées, d'autre fois Pognerées, 6 sortes de Sexterées (13 713 m2 à 18261 m2) !

Tout cela ne facilite pas la relation entre personnes, entre marchands, seigneurs, paysans mais au contraire et souvent à juste titre alimente le soupçon de « se faire gruger ».

 On comprend alors le fait que cela soit une revendication unanime d’uniformiser le système de poids et mesures lors de l’établissement des cahiers de doléance en 1789 :   Le système métrique décimal  sera institué le 18 germinal an III () par la loi « relative aux poids et mesures ». Cependant celui-ci ne s'impose pas immédiatement dans la population. Il faut plusieurs décennies d'adaptation et de transposition en nouvelles mesures métriques. (au fait, n'entendons-nous pas encore parler de Livres !)

Et au moulin de la Porte ? à Naussannes ?

Ce présent article sur les anciennes mesures est là pour éclairer les divers documents anciens tels les terriers de l'OSJ, les actes notariaux que vous pouvez trouver sur ce site. Il n'a donc pas la prétention d'être une étude complète sur toutes les mesures existantes dans l'ancien régime en Périgord et encore moins en France mais seulement sur les plus courantes utilisées localement.
Tous les textes retrouvés, terriers OSJ, actes notariaux concernant le moulin et les meuniers du Moulin de la Porte font référence aux mesures de Beaumont : on en conclue donc qu'à Naussannes,  les mesures utilisées sont celles de Beaumont.

Voyons, ci-après, quelles sont ces unités de mesures et leur valeur locale.

Les mesures linéaires

Sous l'ancien régime, comme pour les unités de mesures actuelles (le mètre  étant  défini comme la dix millionième partie du quart du méridien terrestre), il est nécessaire de disposer d'un étalon.
C'est ainsi qu'en 1688, l'étalon  Toise est fixé au pied du mur de l'escalier du Chatelet en remplacement du précédent qui n'est plus juste, le pilier sur lequel il était fixé s'étant incurvé.
Cette nouvelle Toise référence est équivalent à 1,949 mètre. L'ancienne Toise mesurant 1,960 m, il est important de préciser à quelle Toise on se réfère...

Le Pied du Roi, par définition le 1/6 de la nouvelle Toise, mesure donc  32,484 cm. Toutes les valeurs découlant découlant du pied du Roi, voici dans le tableau ci-contre les valeurs métriques les plus répandues (en Bleu, les plus utilisées et leur correspondance actuelle).

Petite anecdote > si vous visitez Villereal, vous pouvez y apercevoir une petite rue nommée "Rue de Canard' : ce nom ne vient pas de l'animal comme on peut le penser à juste titre mais du fait qu'y habitait le "mesureur" agréé de l'époque qui utilisait la Canne en Lot et Garonne comme instrument de mesure et qu'on appelait le "Ca(n)nard" . A rapprocher de la mesure Arpent et du métier "Arpenteur" 

 

 

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Les mesures de superficie

Les mesures de superficie sont bien entendu basées sur les mesures linéaires et donc sur le Pied du Roi.
La mesure servant de base est l'Escat qui est défini comme étant un carré de 13,5*13,5 Pieds du Roi, soit une superficie de 19,23 m2.

Quatre documents nous permettent de répertorier les  mesures de superficie en usage à Naussannes sous l'ancien régime et les traduire en valeurs actuelles.

1 - Le Terrier de 1700 répertoriant le tènement dit "Du Bourg" de la paroisse de Naussannes indique pour celui-ci une superficie de  : "1 Sexterée, 5 Pougnerée, 35 Escats, perche et mesures de la présente juridiction de Beaumont"

2 - Le terrier de 1754 (Voir ICI) répertoriant le même tènement indique pour celui-ci une superficie de : "20 Pugnerées, 17,5 Escats" et définit la Pugnerée comme égale à  "72 Escats et cet Escat comme valant 13,5 pieds au carré."

3 - L'étude statistique faite par Cyprien Brard , à la demande du Préfet de Dordogne, en 1833 (enquête à laquelle répond le maire, Boinel, très instructive sur Naussannes avec plusieurs sujets concernant l'élevage, le type de culture, les habitudes de culture, le mode d'exploitation des terres, la culture de la vigne et l'exploitation de la forêt) parle des mesures locales de superficie : "La quartonéne qui contient 71 Escats ou 13 ares 82 centiares)
4 - L'état des sections de Naussannes établis en 1837 (Voir ICI) qui en introduction présente de façon officielle le tableau de rapport entre les nouvelles mesures agraires (donc celle post Révolution, officiellement en vigueur en 1837 sous l'empire) et les mesures officieuses dites "de la commune de 1795", en fait les mesures de l'ancien régime qui étant toujours plus ou moins d'usage nécessitent ce tableau de rapport..
Ce tableau de rapport mentionne :
"- La Cartonnée ( équivalent à 8 Picotinées) vaut 13 ares 77centiares
- La Picotinée (équivalent à 9 escats) vaut 1 are 72 centiares
- L'Escat (équivalent à 13 pieds 6 pouces de côté) vaut 19 centiares"

Au premier abord, rien de bien équivalent ... mais si pourtant :

Les dénominations :
Il faut comprendre que chaque juridiction a ses propres mesures mais qu'en plus la royauté essayant d'unifier ces mesures sans jamais y parvenir vraiment, l'empire essayant d'imposer la transition, les notaires plus ou moins ouverts à ces nouvelles mesures, on peut avoir l'utilisation de diverses dénominations de mesures.
Donc rien d'étonnant qu'un notaire utilise en 1700 le Sextercé avec ses sous-divisions (Pougnerées et Escats) alors que 54 ans plus tard un autre notaire utilise directement les Pugnerées (avec une autre orthographe !)  et sa sous-division l'Escat.
De même, que Pugnerée utilisé à Beaumont sous l'ancien régime devienne Cartonnée sous l'empire, mesure plus généralement utilisée.
L'essentiel est que tous se basent sur la valeur étalon qu'est l'Escat (sous réserve que celui-ci soit bien basé sur la valeur étalon de la Toise de 1688 ...)

Les valeurs :
-Le notaire de l'OSJ en 1754 définit textuellement la Pugnerée à 72 Escats.
- L'arpenteur de l'état des sections en 1837 définit la Cartonnée à  8 Picotinées, et la Picotinée à 9 Escats, donc  8*9 = 72 Escats. On a  bien les mêmes valeurs en 1700 et en 1754 mais avec des dénominations et des sous mesures différentes !
- Concernant la valeur de l'Escat : en 1837 : "13 Pieds et 6 Pouces de côté". On parle ici de surface, donc Il faut comprendre "un carré de 13 Pieds et 6 Pouces" ou "13 Pieds et 6 Pouces au carré" . On sait qu'un Pied vaut 12 Pouces (et oui ... :-)) Donc 6 Pouces = 0,5 Pied.
Donc 13 Pieds et 6 Pouces de 1837 =  13,5 Pieds de 1754.
On a donc équivalence entre ces documents. C.Q.F.D.

La Sétérée est en fait la surface ensemencée avec un setier.
La Cartonnée, la surface ensemencée avec 1 quarton de froment.
La Picotinée, la surface ensemencée avec 1 picotin de froment.
Le Journal, la surface moyenne qui peut être travaillée dans une journée de travail (par un journalier ...).

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Les mesures de grains

Ces mesures jouent un rôle très important, notamment dans les campagnes.
Par exemple, le meunier prélevait une partie des grains amenés à moudre (entre 1/32 et 1/16 ème) en guise de salaire.
De même comme le montrent les terriers de l'OSJ à Naussannes la rente féodale prélevée était payée en froment par les propriétaires de bien.
Il en va également ainsi pour la dîme perçue au 1/13ème sur le froment, seigle, avoine, orge.

Comme pour les autres mesures, chaque juridiction, ville, bastide avait ses propres réglementations de capacités de mesures de grain. D'où, les "mesures publiques", comme à Beaumont en pierre au fond de la place dite "place des mesures" ou à Monpazier en métal sous la halle. .A disposition de la population et des marchands ambulants, obligés de les utiliser, cela permettait les transactions entre particuliers et aux différents agents du roi, des monastères,  des curés, du seigneur, de la ville de prélever une redevance de mesurage.
Cela n'empêchait pas les trucages et les fraudes comme nous le montre ce document ... photo par 7 et article léo testut qui en parle

l’unité de mesures est le boisseau appelé aussi selon les localités : Quarte, Quarton, Pognère ou Pugnère (1/4 de sac de blé).
Le Boisseau correspond à un poids de froment en bon état de mouture variable de 32 à 60 Livres, selon la contrée du Périgord.
A Naussannes, le Quarton contient 8 Picotins.

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Les mesures de Poids

Par définition la livre de Paris pesait (en gramme actuel 489,5 g. Mais selon les régions, villes, etc on pouvait utiliser d’autre livres. En Périgord, on utilise la livre de Paris.

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Les mesures de liquide

La barrique du Périgord varie entre 210 et 220 pintes, soit entre 220 et 240 litres de maintenant.
 Le Pot contient 2 Pintes, 
La Pinte 2 Chopines
, La Chopine 2 Roquilles ou Quarts

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Le système monétaire

La Livre vaut 20 Sols ou Sou, le Sol ou Sou vaut 12 Deniers.

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Notes utilisées : (d’après les Tables de comparaison des anciennes mesures de Dordogne avec celles du nouveau système métrique par M. Delay - 1809) et les feuillets beaumontois
Les meunier·e·s

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par Jean-Jacques BRU | Août 22, 2025

Leur savoir-faire

Le métier de meunier nécessite un savoir faire dans plusieurs domaines.

Le Petit Littré dans son édition de 1959, donne la définition suivante du mot meunier: «celui qui conduit, qui gouverne un moulin». En effet, il doit :

  • connaître les différentes céréales, comment les conserver et les protéger.

  • connaître les différentes moutures, savoir faire une bonne mouture et farine sans l’échauffer.

  • installer, réparer l’ensemble des pièces constituant l’appareil à moudre du moulin.

  • connaître les meules, savoir les installer, les rhabiller et effectuer le bon réglage fonction de la meule, du grain de la mouture à obtenir.

  • entretenir les bâtiments, les canaux d’arrivées et fuite d’eau, le bief, le cours d’eau qu’il dévie.

Le maître-meunier est le meunier principal dans un moulin. Il peut être assisté, selon l’importance du moulin, du garçon-meunier dit aussi garde-moulin qui moult également le grain.

On y trouve très souvent également l’apprenti-meunier, en formation. La place d’apprenti-meunier est souvent réservée aux fils du meunier ou fils d’un meunier ami (Et si le meunier a une fille à marier …).

Le meunier ou le garçon meunier doit mesurer la quantité de céréales qui entre au moulin, surveiller la mouture, régler la pression des meules et veiller à ce que la trémie soit toujours pleine de grains. La mouture est ensuite tamisée au blutoir.
Enfin, le meunier remplit trois sacs : un de farine pour faire le pain, un de fleur de farine pour les pâtisseries et un de son, pour alimenter les animaux.
Le meunier doit également "rhabiller" les meules régulièrement. Ce travail consiste à repiquer les meules au marteau de meunier.
Il peut aussi assurer aussi  le transport des céréales et de la farine en établissant des tournées à travers la campagne. Dans les moulins importants ce travail est assuré par le chasse-manée.

Le travail de meunier est dur et requiert de la force et endurance

Il respire à longueur d'année un air chargé de farine ... les sacs sont lourds à manipuler; la besogne est dure avec du travail de nuit quand il y a beaucoup de grain à moudre et le bief plein. Il doit sans arrêt avoir l’œil sur le grain contenu dans la trémie, ajuster le travail de la meule tournante afin d’avoir une bonne mouture en réglant la vanne d’arrivée d’eau sur la roue et/ou modifiant l’écoulement du grain. Il doit aussi avoir les oreilles grandes ouvertes en réagissant au moindre son anormal venant des meules, du tic tac du frayon et ainsi éviter les graves accidents : par exemple, meule tournante qui tourne à vide, sans grain, et qui alors « tourne trop vite », s’emballe, s’échauffe par frottement sur la meule dormante et ainsi peut causer un incendie en projetant des étincelles dans cet atmosphère hautement inflammable car chargée de farine.

La meunière a un rôle important et reconnu dans la vie du moulin.


Au moulin elle accueille les clients, discute avec ceux-ci pendant que le meunier moût le grain apporté. Une meunière accueillante qui fait de bonnes crêpes est naturellement appréciée …
Lorsque, dans une famille, on amène son grain à moudre ou lorsqu’on accompagne le chasse-manée, passer quelques heures au moulin et y manger est une telle fête que souvent on y va chacun son tour.

Ainsi il n’est pas rare de voir qu’elle est nommée en tant que meunière dans les états civils et/ou recensement, au contraire des autres métiers où il n’est seulement mentionné que épouse de … , veuve de …..
De même, la meunière reprends la succession du meunier si celui-ci subit un accident, décède.

Et, dans les chansons, (Lien à faire) la meunière est belle et accueillante, un brin polissonne...

Au moulin, on travaille en famille.

Comme nous pouvons le voir, dans l'image ci-contre, comme très souvent à la campagne, on travaille en famille  :
 -Le meunier et son fils aîné rhabillent la meule.
- Cachée dans l’ombre, tout contre la cloison en bois, la fille aînée du meunier, au moyen d’un crible, verse du grain dans la trémie du moulin qui tourne.
- En contrebas la meunière tâte la boulange (mouture) qui sort de l’anche et tombe, en pluie fine, dans la maie en bois.
- Le plus jeune fils balaye le sol du moulin.

L’hygiène est de rigueur, il faut tout faire pour éloigner souris et rats qui, sinon, trouent les sacs et mangent farine et grain.

De même, il faut éliminer toute trace de farine, toute suspension dans l'air de celle-ci, associée à une étincelle (ce qui est courant lors de frottement accidentel des meules entre elles), pouvant provoquer une explosion et donc un incendie. C'est pour cela, entre autre, que les moulins sont toujours éloignés des villages. (voir explosion du grand moulin  à Minneapolis, Minnesota, États-Unis, en 1878 qui fait des dizaines de morts.)

La rémunération du meunier

Le meunier reçoit rarement de l'argent pour son travail. Il se paye en nature (droit de mouture) en prélevant une partie des céréales à moudre ou de la farine, «la pugnère», une poignée de céréales prise à deux mains dans un double décalitre. ((Lien à faire) infos sur les mesures ici)
Cet émolument peut varier de 1/10 à 1/20ème du grain à moudre. 
Ainsi, s’il va chercher le grain à domicile et y ramène ensuite la farine alors il peut prendre 1/10ème du grain. 
De même, rendant de nombreux services (voir le rôle social, ci-après),  on admet sans jamais en parler, son droit à une deuxième pugnère (variable selon le service rendu).
Un meunier est un homme aisé, qui ne vit pas dans l’opulence, mais dont le niveau de vie fait est dans  la moyenne supérieure au niveau d'un village comme le fait apparaître le document ci-contre où Jean JUGLAS, le meunier du Moulin de la Porte, apparaît dans la liste des plus imposés de la commune de Naussannes en 1847.

 Les propriétaires de moulins, la féodalité et la banalité instaurées au Moyen-Âge

Au Moyen-Age (des moulins à farine sont mentionnés sur les rivières de France dès le 11e siècle). Les seigneurs, les monastères, les prieurés comprennent vite les avantages financiers et sociaux qu'ils peuvent retirer de l'établissement des moulins.  Ils en sont donc propriétaires du fait de leur  « assise » sociale et de leur fortune qui leur permettent  de :
-    disposer juridiquement du cours d'eau ; (Ils sont les seuls à se voir attribuer des droits d'eau sur les rivières).
- faire face aux frais de construction (aménager des biefs, élever un barrage, faire les canaux d’amenée, canaux de fuite, construire le moulin lui-même, acheter et acheminer les meules, etc.) et d’entretien.

(Lien à faire sur ODJ + propriéatires divers)

Le meunier, spécialiste, doit donc payer un loyer pour exercer son métier. Une mise en concurrence est organisée par le propriétaire. C'est avec "le plus offrant et dernier enchérisseur" que le propriétaire signe un bail d'affermage précisant les charges et les conditions de fonctionnement du moulin. ((Lien à faire) contrat affermage ici)  Le bail du meunier est en principe renouvelé chaque année, au premier de l'an. Mais lorsqu'on est content d’un meunier, on le garde davantage, 10 ans et plus.
Ces possédants établissent d'autre part un monopole  de droit mouture pour eux, devoir de mouture pour les habitants , celui du moulin banal : tous les habitants dépendant de "la banlieue" du moulin (distance d'une lieue autour moulin ou distance qu’un âne chargé peut parcourir en une demi-journée) sont dans l’obligation d’amener tout le blé récolté, le faire moudre en échange de la banalité (en général, une partie du blé) , reversée au maître de l’eau et au meunier. S’ils ne se plient pas à cette « banalité » (Lien à faire sur féodalité, banalité), ils encourent le risque de faire face à la justice (justice, à l’époque … au service des régimes féodaux …). (Lien à faire sur procés divers)
Au milieu du XI ème siècle, la meunerie génère de ce fait d’importants revenus, les seigneurs et monastères vont user de tous leurs moyens (notamment la « justice » du roi) pour mettre totalement en place cette féodalité en combattant l’usage des petits moulins des particuliers tels que pilons et moulins à bras existants et en se réservant le droit de construire des moulins.

Par exemple, sous Louis XIV, un arrêt du Conseil royal portant règlement général pour tous les moulins banaux de France, stipulait, en 1673, qu’il n’était pas permis de créer un moulin dans sa propriété sans la permission du seigneur.(Lien à faire surc e etxte)
Les seigneurs et monastères s’appuient sur le meunier qui se voit investi de fonctions techniques (son savoir-faire) , économiques (recueil du ban pour le seigneur) et sociales primordiales au niveau d’un village. (le pain est alors la nourriture essentielle)
En quelques décennies les campagnes se couvrent de moulins pour subvenir aux besoins alimentaires de la population grandissante en nombre et approvisionner la seigneurie en revenus substantiels. Ce déploiement est sous contrôle : le seigneur, le monastère, fortement intéressés par le « ban », construisent, sans se concurrencer, juste le nombre de moulins qui leur convient pour un rendement optimum. (Lien à faire)
Le moulin prend une place de toute importance dans la vie d’un village, d’une communauté autour du seigneur local: on s’y déplace quotidiennement ou du moins hebdomadairement pour faire la mouture en fonction des besoins (la mouture ne se conservant pas très longtemps, (à l’époque, sans traitement …).
La "banalité" interdisant l'utilisation des petits moulins domestiques, le recours au meunier est incontournable : en détenant la fourniture exclusive de la mouture et donc du pain, le meunier détient, pour le compte du seigneur, la clé de la nourriture quotidienne.
Contrairement au moulin à eau, le moulin à vent était souvent « libre » de ban : autant les seigneurs, prieurés, monastères avaient-ils « privatisé » les droits d’eau autant avaient-ils « négligé », le plus souvent, les droits sur l’air …

La fin de la banalité à la révolution

Les droits et privilèges féodaux sont supprimés dans la nuit du 4 août 1789. Cela met fin aux privilèges et donc à la "banalité" des moulins. En effet, il ressort clairement des "Cahiers de doléances" que la « banalité » est insupportable (on peut aisément le comprendre !!!) pour les citoyens. (Lien à faire)
Les moulins changent en grand nombre de propriétaires devenant, après vente ou confiscation des biens des nobles émigrés et des monastères, propriétés privées de particuliers (bourgeois ou parfois les meuniers(Lien à faire)) ou des communes. Se posera aprés coup le droit d'eau qui avait donc été également aboli. Le droit d'eau fut, par la suite, rattaché au moulin, le moulin étant alors dit "fondé en droit". A charge, au propriétaire actuel, d'apporter par les preuves de ce droit d'eau (tout document tel que recensement, réglement administratif etc.).

Le rôle social du meunier et de la meunière

Le meunier, du moins jusqu’au XXème siècle, est un personnage important dans la communauté, le village, le hameau dont il fait partie.

Souvent aisé financièrement, il peut prêter de l’argent. Il a droit au titre de Messire ou de Maître. Bien qu’issu du peuple, il côtoie le seigneur, fait partie des notables et, en conséquence, il est souvent jalousé par la population.

Du meunier dépend la qualité de la mouture. Avoir un bon meunier dans un village est donc important pour avoir de la bonne farine et ainsi du bon pain et lorsque c’est le cas, il est très apprécié. Souvent, le seul à posséder un cheval et une charrette, il rend service pour les mariages, les décès, les marchés : lorsqu’un client du moulin mariait sa fille au loin, le meunier amenait meubles et trousseau à son nouveau domicile. Lorsqu’il y avait quelque chose de lourd à porter, le meunier était toujours mis à contribution.

La plupart des villageois qui habitent près du moulin amènent eux-mêmes leur grain à moudre. Pour ceux qui habitent plus loin, le meunier envoie, son employé, le chasse-manée.
Celui-ci va chercher le grain avec un âne, un mulet ou parfois une charrette. Souvent le client, soucieux de la probité du meunier, accompagne le chasse-manée jusqu’au moulin. Le chasse-manée ramène ensuite la farine.

 Les meuniers n’ont pas bonne réputation.

Ils sont souvent soupçonnés de détourner une partie des céréales à moudre ou de la mouture.
Les archives montrent que les modes opératoires des plus malhonnêtes, pris « la main dans le sac » pouvaient être fort ingénieux : boisseau pour mesurer le blé à l'arrivée, autre boisseau légèrement plus petit pour rendre la mouture, huche à farine à double fond, trémie à paroi double vers l’arrière. La meunière et/ou le maître-meunier discutent, distraient la personne venue amener son grain pendant que le garçon meunier prélève « la part du moulin ». Légende ? ("fake-news" ?) Parmi ces faits il faut admettre une part de légende mais aussi une part de vérité.
Le curé de Cucugnan (Alphonse Daudet) dit à propos de l’organisation hebdomadaire des confessions : « les vieux le Lundi, les enfants le mardi, les garçons et les filles le mercredi, les hommes le jeudi, les femmes le vendredi, et le meunier le samedi : ce n’est pas trop d’un jour pour lui tout seul … ». On plaisante beaucoup au sujet des meuniers, par exemple « qu'est ce qui prend chaque matin un voleur au col ? c'est la chemise du meunier » ou encore « un voleur est fidèle comme un meunier ». Certains affirment qu'il n'y a qu'un seul meunier au paradis... mais qu’il y serait rentré en fraude.
On trouve des traces dans les archives. (Lien à faire sur procés)
Ainsi, en 1771, à la sénauchée de Bergerac , le verbal suivant :
« des moulins de la juridiction, construits d'une façon défectueuse, et qui, « au lieu d'être faits au point rond, suivant les arrêts de règlement, et de renvoyer la farine vers l'unique point où elle doit être portée par le mouvement circulaire de la meule, pour de là être versée dans la huche qui doit la recevoir, se porte indifféremment dans des angles et autres réservoirs reculés, où elle demeure au profit des meuniers et au préjudice du public. » Le lieutenant de police fait aussi vérifier les mesures des meuniers ; les pugnères, demi-pugnères et picotins, par Jean Faure, mesureur public de la ville, et invite les meuniers à faire ferrer et étalonner toutes leurs mesures dans le délai de quinzaine.

Dans les chansons, les meuniers sont plutôt représentés comme des « polissons », beaux parleurs, capables de détourner du « droit chemin » les jeunes filles et/ou femmes qui viennent seules au moulin ! on leur prête toutes les galanteries.... (Lien à faire)

 Les meunières ne sont pas épargnées dans l'imaginatif populaire ... (Lien à faire)

Certains familles de meuniers fondent de véritables dynasties.

On est meunier de père en fils, de père en gendre quand il n’y pas de fils. Si, dans la plupart des cas, c’est l’ainé des garçons qui reprend le moulin des parents, les autres garçons se marient avec des filles de meuniers et les filles avec des fils de meuniers et si possible dans la même famille. Les familles de meuniers se côtoient, s'entraident.

Nous pourrons vérifier ces relations entre meuniers du moulin de la Porte et meuniers des moulins voisins (Lien à faire, à voir)

Le moulin est un endroit où les gens se retrouvent, discutent, refont le monde ...

Il y a toujours du monde, à tout heure du jour, car il faut attendre patiemment son tour pour déposer son grain et ensuite attendre la mouture.  Le va-et-vient incessant des gens du village explique l’origine de l’expression « entrer comme dans un moulin ». Le meunier et la meunière sont détenteurs et émetteurs de l’ensemble des informations concernant le village et les villageois. Contrairement au lavoir, lieu d'échange exclusivement féminin, une certaine mixité existe au moulin : on amène parfois des petites quantités de grain, la farine se conservant mal, et selon les travaux des champs, il n'est pas inhabituel d'y rencontrer des femmes venant porter leur grain et attendre la mouture.
Les curés n'aiment pas beaucoup ni les meuniers, jugés "avant-gardistes", ouverts aux nouvelles "techniques", concurrents quant à la parole apportée, ni les moulins du fait qu'ils sont lieu de rencontres, de discussions  éloignés du village et donc hors de regard et de contrôle.

C'est aussi un lieu où on s'y rencontre entre amoureux...

Implanté au bord de l’eau ou à un endroit surplombant le village pour les moulins à vent, , c’est un endroit isolé, « romantique » où les amoureux du dimanche, après les vêpres, aiment venir se promener et « discuter ».

Les moulins

Les moulins

Découvrez l'Histoire des Moulins

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par Jean-Jacques BRU | Août 22, 2025

Alors qu’au Paléolithique, l'Homme vit de chasse, de pêche et de cueillette, au Néolithique, soit à partir de 5000 avant J.C, l'Homme devient progressivement pasteur et agriculteur et se sédentarise.

Il cultive alors les céréales et rapidement essai de transformer les graines récoltées en farine qui devient alors la nourriture de base (galettes, bouillies). Il met alors au point différentes techniques pour obtenir cette farine, techniques qui ne cesseront d'évoluer jusqu'à nos jours :

A une première époque, les céréales sont broyées sur une pierre plane, sur laquelle on écrase le grain à l'aide d'un galet par un mouvement de va-et-vient.

On utilise ensuite le pilon et le mortier, c'est la technique des égyptiens.

Puis le moulin "à bras", formé de deux meules de pierre superposées, le grain étant introduit par le centre évidé de la meule supérieure.

Un peu plus tard, les meules plus grosses sont manoeuvrées par des animaux ou des esclaves attelés aux timons : c'est le moulin dit « moulin à sang ».

Les premiers moulins à eau sont équipés de  roue horizontale

Ce sont les romains qui découvrent le moulin à eau, en Asie Mineure, au Ier siècle avant J.C. Ils l’introduisent en Italie pour remplacer progressivement les « moulins à sang » par ce type de moulin.  Il subsiste à Barbegal, prés d'Arles, les vestiges d'une usine hydraulique qui groupait cinq couples de meules en cascade (la même eau en descendant la colline alimente ces cinq couples de meules).
A partir du IX e Siècle, on en installe dés que le réseau hydraulique le permet.  Les moulin se multipleint fortement du Xè au XIIè siècle du fait de l'extinction de l'esclavage et l'essor du féodalisme, les seigneurs et ordres religieux réguliers y trouvant une source de revenue importante (moulin banal (Lien à faire)). L'utilisation de cet énergie hydraulique permet une productivité sans comparaison avec le travail manuel d’un esclave ou d’un animal. (environ 40 fois plus).

Un moulin à eau, ou moulin hydraulique, est une installation destinée à utiliser l'énergie mécanique produite par le courant d'un cours d'eau qui est amenée au moulin par un bief. L'eau courante de la rivière anime des pales fixées sur un axe : cette force giratoire horizontale actionne alors directement une meule mobile dite tournante, reposant sur une meule fixe dite dormante.
Techniquement, c'est assez simple : en effet, il ne comporte aucun engrenage ni renvoi d'angle, puisque la roue horizontale est calée directement sur l'axe de la meule, aussi horizontale, et la vitesse de rotation de la roue est suffisante pour que la meule écrase les céréales, sans qu'il y ait besoin de multiplication.

Avec un tel moulin, pour moudre 100 kg de grain, sous une chute de quatre mètres (hauteur moyenne sur ce type d'installation), il faut environ 600 mètres cubes d’eau. (àvérifier si ok ?)

L'arbre à cames qui transforme le mouvement circulaire en un mouvement alternatif permet, à partir du XIIème siècle, d'utiliser également le moulin à eau dans l'industrie textile (foulage du textile) et dans la métallurgie (broyage du minerai, martelage, fabrication du papier).

On rencontre plusieurs types de moulins à  roue horizontale, successivement en fonction des époques, comme on peut le voir sur les images ci-contre.

Moulins à trompe, les premiers, (aux XI, XII, XIIIème siècle) :
La roue porte des pièces de bois taillées de façon à présenter à l'eau une surface à la fois oblique et concave, appelées cuillers. L'eau est amenée par une sorte de tuyau en bois dit trompe.
Le Moulin de la Porte repose sur cette technique. (Lien à faire)

 Moulins à cuve, par la suite :
La roue est installée dans un bassin circulaire (en pierre, bois). L'eau s'y déverse à hauteur de la face supérieure de la roue à pales obliques, créant un tourbillon qui l'entraîne dans un mouvement giratoire. Cette technique arrive en début du 18é siècle. C’est le système précurseur des turbines.

Puis vinrent les moulins à eau à roue verticale

Le principe de la roue verticale est plus complexe : par le jeu des engrenages, la force giratoire verticale (la roue) est transformée en force giration horizontale (la meule tournante).

La roue verticale en dessous ou pendante
L’eau actionne la roue en passant par dessous.. Elle est "suspendue" au-dessus de l'eau de façon à ne plonger que ses pales inférieures.

La roue verticale au-dessus
Cette roue se rencontre dans les régions accidentées où il est relativement facile de barrer un ruisseau et de creuser une dérivation amenant l'eau au moulin en créant une importante dénivellation. Pour éviter le gaspillage de l'eau motrice les pales sont enfermées entre deux couronnes ce qui délimite des caissons ou augets.

Les moulins à vent ...

Les moulins à vent sont installés à partir du XIIIe siècle un peu partout en France. Ils sont  utilisés soit comme moulin principal, soit comme moulin d'appoint à un moulin à eau.

Le moulin de la Porte dispose ainsi d'un moulin à vent d'appoint, soit pour pallier au manque d'eau en période d'étiage, soit pour venir en complément en période de forte demande ou en période de nettoyage/maintenance du moulin à eau.

Ce moulin à vent d'appoint au moulin de la Porte est situé sur la colline, juste au dessus. Ainsi, il est facilement accessible, pour le meunier qui réside au moulin de la Porte.
Ce fait de moulin d'appoint est confirmé, contrairement au moulin de la Porte,  par les faits suivants :
- Il n’est jamais fait mention à l’état-civil de Naussannes d’habitants au moulin à vent
- On ne retrouve sur aucune carte, aucun document notarié,  la présence de bâtiments annexes à ce moulin à vent, tel qu'une écurie.
- Il est  mentionné comme un bâtiment annexe sur l'ensemble des actes notariés. (Lien à faire ODJ)

Dans les moulins à vent, la force vertical des ailes est transformée, par un jeu d’engrenage, en force horizontale actionnant la meule tournante. Le moulin à vent présente deux inconvénients : son pouvoir d'écrasement est plus faible (une seule paire de meules) et le vent est capricieux (trop fort, trop faible, absent).

De plus en plus de moulins au XVIII et XIX siècles, puis le déclin

Au XVIIIe et XIXe siècle le nombre et la puissance des moulins s’agrandissent considérablement : (Lien à faire article recensement)  le recensement effectué en 1809 puis déclinent rapidement

Ainsi, en 1809 le nombre total de moulins en France est de 98 157 :
   - 82 300 moulins à eau dont 33756 à roue horizontale et 48544 à roue verticale
   - 15 857 moulins à vent

La population de la France étant alors estimée à 29 millions d’habitants, cela représente, environ, un moulin pour 300 habitants.
En Périgord, cet inventaire de 1809 recense 2710 moulins, soit en moyenne un moulin pour 160 habitants, ce qui est également le cas à Naussannes.


Les familles de meuniers du Moulin de la Porte et voisinage

Les familles de meuniers du Moulin de la Porte et voisinage

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par Jean-Jacques BRU | Fév 6, 2023

par Jean-Jacques BRU | 6 Fév 2023

, .De véritables dynasties de de meuniers se sont créées au fil du temps : on retrouve ainsi les membres d'une même famille (parents, oncles, tantes, frères, sœurs, etc.) dans plusieurs moulins voisins.
Si la transmission de la charge de meunier se fait le plus souvent à l'aîné des fils, on retrouve, également, les autres enfants (fils et filles) mariés à d'autres enfants de meuniers des moulins environnants. Et dans le cas où la transmission père vers  fils aîné ne peut se faire, alors on retrouve, à la tête du moulin, un gendre ou un autre fils  de retour au moulin familial.

N'oublions pas que la grand majorité des meuniers, avant la révolution, ne sont pas propriétaires du moulin mais fermiers avec une mise en concurrence et un renouvellement régulier du bail d'affermage (voir ici) : Ils sont donc susceptibles de changer de moulins au gré des baux. On constate ainsi que selon les meuniers et très certainement ... aussi selon les propriétaires,  l'itinérance des meuniers est plus ou moins grande.

Ci-aprés, une carte interactive, situant le moulin de la Porte mais aussi les moulins voisins dont les meuniers ont des liens familiaux entre eux. Cette réalisation est progressive, car nécessitant de nombreuses recherches, (registres paroissiaux avant 1792, actes civils, minutes de notaire, contrats de mariage, successions, inventaires après décès, etc.) : l'étude n'est donc pas exhaustive mais complétée au fur et à mesure de mes recherches et découvertes.

Les moulins avec une icône bleu sont les moulins dont la généalogie des meuniers est  établie : En cliquant sur l'icône vous trouvez la généalogie des meuniers, une fiche d'identification du moulin,
Les moulins avec une icône verte :  en construction ... (pas le moulin ... mais la fiche d'identification ...).

Le Moulin de la Porte

A partir de ??? nous y  trouvons exclusivement des JUGLAS .
Cette famille JUGLAS est une famille de meuniers : on la rencontre à diverses époques dans de nombreux moulins voisins comme on peut le constater via cette carte.
On retrouve également un JUGLAS comme maître charpentier en moulin. (  ???? à BOURZAC)

Si vous cliquez sur l'icône bleu du Moulin de la Porte, vous découvrirez :
- les différentes générations de meuniers qui s'y sont succédé.
- mais également, par la superposition des blocs bleus, les familles qui y ont vécu en même temps : on voit ainsi que sur une surface habitable de ??? m2, pouvaient y vivre jusqu'à ?? personnes.
(ce qui n'est pas exceptionnel à cette époque ..)
- Les mouvements vers/depuis d'autres moulins (mariages, apprentissages, baux). Mouvements qui nous éclairent bien sur cette "dynastie" JUGLAS de meuniers.

sur x années, nb de personnes qui y sont nés ? y sont décédés ? sont partis ? revenus ?

Nota : Pour chaque généalogie, vous pouvez consultez certains actes, pour l'exemple, qui ont permis l'établissement de ces informations. De nombruex autres actes existent qui ne sont pas proposés à la consultation : sur demande, et s'ils sont du domaine public, je peux bien entendu les fournir.

 

 ( 

Les meuniers du moulin de la porte

 Nous avons vu dans l'article sur les meuniers ICI que, d'une façon générale, ceux-ci étaient des personnes  aisées.
Qu'en est il pour les meuniers  au moulin de la Porte ?  Tout laisse à penser qu'il en est également ainsi, avant l'arrivée des minoteries :

Réfection de l'église de Naussannes en 1847
Lors de cette réfection  Jean Juglas, alors meunier au Moulin de la Porte,  est cité comme "donateur", faisant parti  des  20 "plus forts imposables" de la commune de Naussannes. (Voir doc ICI)
D'apres ....
parler ici du nombre de feux à Naussannes, il y a ??? feux ( ce terme désigne à l'époque une "maisonnée" avec 1 ou plusieurs couples y résidant).

Acquisition de biens, secours aux personnes dans le besoin

Dans les années 17 ???, Jean Juglas fait de nombreuses acquisitions de terres démontrant ainsi une certaine aisance financière.
Parfois, dans certains de ces actes,  le vendeur reconnaît que la vente est en fait le dédommagement pour avoir été secouru par Jean Juglas en période de disette.

WP DataTables

 Nota : Dans les actes, il est question, en plus des impôts au Roi,  de rentes à payer au Seigneur Commandeur : il s'agit du Commandeur de l'Ordre de Saint Jean de Jerusalem (Voir ICI). On y voit aussi juridiction de Bardou, de Capy > Voir ICI

 

Il y est les biens et capitaux concernés :
- Apport par Jean JUGLAS, à son mariage, une somme de 400 Francs , fruit de son travail chez ses beaux-parents, meuniers au Moulin de Bayle à Monmarvés. Cette somme fut prêtée, par contrat, à ces mêmes beaux-parents.
- Apport par Marie REY, à son mariage, 4 draps de lit estimés 24 Francs en provenance de ses parents comme fruit de son travail.
- Apport par Jean JUGLAS ou Marie REY ???? (voir contrat de mariage), à son mariage, en provenance de ses parents :
. une somme de 600 Francs, payable en 8 ans
. un lit complet (couette, coussins de coutil, avec tout, dossier, rideaux, matelas, tringles en fer) estimé 60 Francs
. un buffet à deux portes, deux tiroirs, évalué 36 Francs.
. 8 draps évalués 48 Francs.
. 6 essuie-mains en toileet MArie unie en lin et 6 autres en treillis évalués 12 Francs.
. 3 nappes évalués 6 Francs.
. 1 jument à poil noir évaluée 200 Francs.

 

- Apport par Gabriel JUGLAS en provenance de Jean JUGLAS et Marie REY lors du contrat de mariage du 20 Janvier 1877, maitre Bottom à Ste Sabine,
. 1/6 de la 1/2 du 1/3 de tous leurs biens immobiliers et mobiliers
. un lit complet évalué 50 Francs
. 8 draps de lit évalués 40 Francs
. 6 serviettes évalués 3 Francs
. 2 nappes évalués 4 Francs
. 6 linges dit treillis évalués 2 Francs
. 50 Francs pour lui tenir lieu d'armoire
Nota : Au contrat de mariage, il est formé une société dite "Société à quatre " (Jean JUGLAS, Marie REY, Gabirel JUGLAS, Anne DRAD)

Apport par Anne DARD, lors du contrat de mariage
. 1/4 de tous leurs biens ou (au choix) une somme de 4000 Francs ç recevoir à sa majorité. Mais en fait n'a rien eu sauf qulques objets mobiliers évalués à 143 Francs.

Jeanne JUGLAS, épouse Magal, eut à son mariage, en provenant de ses parents :
. 2/6 de leurs biens
. Une armoire évaluée 50 Francs
. Un lit évalué 80 Francs
. 8 draps de lit évalués 48 Francs
. 2 nappes, 6 serviettes évalués 12 Francs
. 6 essuie-mains évalués 6 Francs
. 7 serviettes, 4 essuie-mains évalués 11 Francs.

 

 

 

 

WP DataTables

 

 

 

- Jean Joseph Toussaint JUGLAS, meunier décède en 1884.

- Marie REY dernière meunière, décède le 21 Août 1893 au moulin de la Porte. (voir acte).

- Son petit fils, Gabriel MAGAL, aide instituteur à Beaumont,  décédé le 26 août 1893 à l'age de 26 ans, soit 4 jours après sa grand-mère, également au Moulin de la Porte (c'est en fait, la dernière personne décédée au moulin ... ). Aucun document n'établit les raisons de ce décès mais on peut légitimement s'interroger sur cette survenance à si peu de jours d'écart et au même endroit que sa grand-mère alors que ce n'est pas son lieu de résidence....
Il décéde sans testament. Sur l'acte de déclaration de mutation par décès du 20 Septembre 1893, son frère, Gabriel MAGAL (même prénom), donc son héritier, déclare renoncer, au nom de son frère, à la créance de 3 000 Francs due par Gabriel JUGLAS, dernier meunier au moulin de la Porte,  leur oncle, en raison de "l'insolvabilité absolue du débiteur". (voir acte)

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Le moulin de la Porte, de l’eau à la mouture …

Le moulin de la Porte, de l’eau à la mouture …

Prochainement

par | Jan 28, 2023

Un rouet en bois

par | Jan 28, 2023

Le bief

Le bief permet d’amener de l'eau au moulin en détournant via un barrage ou seuil construit sur le cours d'eau ("Le Naussannes" dit aussi, à l'époque du moulin, "Le Braquemart" (voir ...)), une partie de son eau. Il permet également de  stocker suffisamment d’eau nécessaire à une mouture, au niveau volume et pression.

 La chambre à eau

La chambre à eau ou chambre des rouets est située sous les meules, au niveau de la chute d’eau.

C'est le point le plus bas du moulin. C'est une "chambre noire", accessible uniquement par le meunier en cas d'avarie du système de captage de la force hydraulique. Le meunier y accède par un escalier en depuis la salle des meules.
L’eau y arrive, en provenance du bief, par un canal et deux percées dans le mur, chacune munie d’une trompe ou coursier en bois faisant office de vanne, de conduite canalisée et dirigée de l’eau afin que celle-ci entraîne au mieux le rouet correspondant. 
(sur l'image correspondante, ces trompes, en bois, n'existent plus et d'autre part, une des deux arrivées a été bouché pour fixer un tuyau)
L’ ouverture ou la fermeture de la trompe s’effectue depuis la salle des meules par une tige en fer, le Tirant. Ces arrivées d’eau sont à environ 4 mètres sous le niveau d’eau du bief lorsqu’il est rempli au maximum.

Explorons les divers mécanismes qui transforment la force hydraulique en mouvement de rotation de la meule tournante, en partant du point le plus bas de cette salle, soit au dessous du niveau de l'eau quqi y réside en permanence.

Au plus bas, nous trouvons "la pontille". C'est une poutre horizontale en chêne (grosse poutre sur l'image) appelée "banc"  qui prend appui en porte à faux, (sans être fixée), sur une autre poutre perpendiculaire (petite poutre sur l’image), elle-même fixée sur de solides pierres enfoncées dans le sol. La grosse poutre, du fait d'être non fixée peut être mue verticalement. Nous reviendrons ultérieurement sur les raisons de cette possible mobilité verticale.

Sur la grosse poutre est fixée la "crapaudine", bloc en acier ou bronze, constituant un palier en butée dans lequel tourne un pivot en métal trés dur appelée "grain". Celui-ci est emboité, du côté opposé, dans un bois appelé "arbre". "Arbre qui, au dessus, traverse et est fixée au rouet (ou rodet ou roue) à cuillers (ou augets) (rouet retrouvé dans la boue et l’eau, ce qui a permis sa conservation).
La dimension du rouet est approximativement identique à celle de la meule qu’il actionne, soit environ 120 cms de diamètre. Les cuillers sont assemblés au centre du rouet par un système à chevilles. Chaque cuiller est donc mobile. On peut ainsi changer un seul cuiller s’il est cassé ou usé.
Si l’âme du moulin est le meunier, le rouet en est le cœur, la pièce maîtresse qui fait le lien entre l’eau et le moulin, qui capte l’énergie des éléments naturels et la transforme en puissance mécanique.
 Un assemblage complexe, composite de variétés de bois nobles choisies chacune pour ses propriétés spécifiques, d’une grande précision et d’une solidité à toute épreuve. Le puissant flux de la trompe à eau d’un côté, le poids considérable et l'inertie de la meule tournante au-dessus, les tensions sont extrêmes. Il faut que l’outil soit parfait pour que le mouvement de la machinerie soit continu, régulier, sans vibration.
Retrouvons notre arbre, au dessus du rouet ... dans celui-ci est enfichée une tige métallique appelée "gros fer", d'abord rectangulaire puis arrondie dans sa traversée, au-dessus, de la meule dormante qui se trouve dans la chambre des meules.

La suite , donc, dans la salle des meules ...

Ci-contre, les fouilles dans le bas de la salle d'eau, fouilles qui ont permis de retrouver l'ensemble des éléments ci-dessous, dans l'état présenté, environ 120 ans après la dernière mouture

La chambre des meules

La chambres des meules est l'endroit où on trouve le tournant (les deux meules), le grain à moudre, la mouture, les meuniers, les clients amenant leurs céréales…

C'est un endroit ouvert, avec beaucoup de mouvements, de va-et-vient de personnes, de grains, de farine.
d'où l'expression "on y rentre comme dans un moulin"

On y accède du côté Ouest du Moulin par quelques marches extérieures (attention ça glisse …) descendant vers la porte d’accès.
On remarque la forme de la pierre …, taillée de façon que le sac de blé ou de farine porté sur l’épaule ne touche pas lorsqu’on descend ou monte les marches

C'est ici le point central du moulin, l'endroit d'où le meunier "pilote" entièrement sa "machine" à moudre.
Il ouvre, régle le débit, ferme l'arrivée d'eau en provenance du bief, en agissant sur le "tirant"
Il règle la finesse de la mouture en agissant sur le levier de trempure.
Il ouvre, règle le débit, ferme l'arrivée du grain dans l'auge.
Il y reçoit les personnes qui viennent faire moudre,  ceux qui empruntant le chemin y font une petite halte pour se mettre à l'abri ou pour discuter avec le meunier qui de ce fait est au courant de toutes les nouvelles du village.

Le fonctionnement du Moulin de la Porte

Le principe de fonctionnement

Nous avons vu que de la chambre d'eau, montait le "gros fer" prolongement de l'arbre qui transmet le mouvement circulaire du rouet.
Ce "gros fer" traverse, dans sa partie arondie,  la meule dormante (gisante) via le "boîtard" en bois garni de graisse puis se prolonge par une barre métallique aplatie et de section rectangulaire. Le rôle du "boîtard" est d'empêcher le grain de s'échapper le long du "gros fer". La graisse qu'il contient permet au "gros fer"  de tourner aisément sans s'échauffer.

Le "gros fer" se loge ensuite dans l'annille, pièce métallique en forme de U (ou un X) qui est placée dans des entailles pratiquées dans la face du dessous de la meule tournante. Quand le moulin fonctionne, l'annille permet de transmettre le mouvement de rotation de l'axe à la meule tournante mais aussi volante (elle repose alors uniquement sur ce "gros fer"). L’ anille est un élément très important car, à elle seule, elle doit maintenir en équilibre la meule tournante sur l’arbre et transmettre sans à coups le mouvement rotatif de celui-ci à la meule. En plus de la qualité de l’anille, Il est très important que la meule soit bien équilibrée, d’un poids identique sur toute sa surface sous peine qu’elle prenne « du gîte » et déséquilibre l’ensemble meule, arbre, rouet.

Nous avons parlé, dans la chambre d'eau, du système de trempure.
Sur un côté de la pontille, est fixée une tige, dit « épée, aiguille, levier de trempure», qui se termine, au-dessus, dans la chambre des meules. (cet aiguille n'existe plus, ou du moins pas encore retrouvée au moulin de la Porte). Celle-ci permet de plus ou moins soulever la pointille : étant donné que sur l'ensemble pontille/crapaudine/grain/arbre/rouet/gros fer repose la meule tournante, on comprends qu'en soulevant plus ou moins la pontille, on soulève plus ou moins, au final, la meule tournante.
Il faut par contre bien imaginé que l'ensemble pèse environ 1,5 tonne (cela nécessitait donc un système de levier pour démultiplier la force du meunier ou sur les moulins plus modernes un système de vis avec manivelle) et que le réglage doit être très précis puisqu'il s'agit  de régler l’écartement des meules au plus fin (de quelques millimètres) depuis la chambre des meules et donc in fine de régler la finesse de la mouture. Ce réglage de l'écartement doit être rectifié lors de chaque séance de mouture ou même en cours de mouture et peut varier très fortement en fonction de paramètres tels que la température, l'humidité de l'air, l'humidité du grain, la variété de blé, etc.

Au moulin de la Porte, seule reste une meule dormante, sa meule tournante ayant été enlevé, mais peut-être, un jour, reviendra-t-elle…

A l’origine, il y avait un deuxième couple de meules : soit pour gérer les temps de repiquage des meules, soit parce que chaque couple de meules était spécialisé dans un type de mouture ( un couple de meules pour le blé , un autre pour les céréales telles que le seigle, sarrasin et maïs).
Le meunier devait pouvoir surveiller et accéder facilement à la chambre d'eau et notament au rouet. Pour cela, il existe un escalier en pierre tel que nous pouvons le voir sur l'image de droite.

Imaginons les équipements en bois, aujourd'hui disparus… d'après d'autres moulins toujours en service...

Hormis les meules et le meunier  smile   l’équipement de la chambre des meules était principalement en bois. Ceci explique la disparition, hormis quelques planches, de l’ensemble de ces équipements en bois, au moulin de la Porte.

Les meules sont enfermées dans un coffrage en bois appelé archure. Celle-ci est généralement circulaire de façon à être au plus prés des meules. Il peut exister des archures carrées mais cela a été interdit (il restait trop de mouture dans les « coins » que le meunier avait « tendance » à garder pour lui et à récupérer entre deux clients).

Au dessus du couple de meules, la trémie en forme de pyramide renversée contient le grain à moudre et se termine par le sabot.
 L'auget en trépidant régule la sortie du grain de la trémie. Cette trépidation est le fait du frayon (ou babillard), came (cylindre carré), de bois dur ou en fer,  fixée sur l'axe du gros fer.
Le frayon, en tournant, frappe l'auget quatre fois à chaque tour de meule : à chaque coup, l’auget libère le grain contenu dans le sabot.
C'est le frayon qui est la source du caractéristique tic-tac des moulins.
Le grain tombe ensuite dans l'oeillard, au centre de la meule tournante, et se fait écraser entre les deux meules de façon de plus en plus fine, ceci en se dirigeant vers la périphérie de la meule grâce aux sillons qui sont tracés en conséquence.
On peut faire varier la quantité de grain qui descend par la position du sabot grâce à un système de régulation de la pente par ficelle et contre poids : le baille blé.

Les faces des meules sont creusées de sillons guidant le grain durant la phase d’écrasement de l’intérieur vers l’extérieur des meules, de façon à écraser de plus en plus finement la mouture et la guider vers l’archure dans laquelle elle tombe puis en sort par l’anche pour aboutir dans une auge ou huche.

Selon la technicité du moulin on peut effectuer alors le tri farine en utilisant un blutoir : cylindre en rotation, en pente, avec une trame de moins en moins fine : en sort alors successivement la farine, le remoulage et le son dans trois auges différentes.

L'échauffement des meules

Si les meules tournent à vide, elles s’échauffent et s'usent rapidement. Au pire, des étincelles peuvent se former et provoquer facilement une explosion et incendie dans cette atmosphére chargée de micro-particules de farine, ce qui n'était pas rare concernant les moulins et une des raisons pour laquelle un moulin était toujours à l'écart du village.

Pour sécuriser ce risque, on trouve des systèmes d’alarme ingénieux afin de prévenir le meunier que la trémie est bientôt vide.
On utilise pour cela une clochette : un objet était placé au fond la trémie, attaché à une corde, à l’autre bout de la corde, à l'aplomb de l'oeillard est attaché un contre-poids. Lorsque la trémie se vide la corde libérée laisse descendre le contrepoids qui vient se placer contre le frayon (ou babillard) agitant alors la clochette.

Le canal de fuite

Et oui, il faut bien que l'eau ressorte du moulin ...
C'est le rôle du canal de fuite qui permet à l’eau de rejoindre la rivière en aval.